Jin-Roh, La Brigade des Loups
12 oct. 2009
Jin-Roh, La Brigade des Loups

Une dizaine d’année après la grande défaite, le Japon sort lentement du chaos créé par l’armée de l’occupation. La nouvelle politique autoritaire connu sous le nom de “développement accéléré” a engendré de nombreux problèmes sociaux. Pour lutter contre la montée de divers groupuscules armées anti-gouvernementaux, dont “La Secte” particulièrement dangereuse. Le gouvernement met en place à Tokyo la force de police de sécurité métropolitaine appelé la POZEM. Kazuki Fuse est membre de la division Panzer, une unité de choc au sein de la POZEM possédant un armement puissant et sophistiqué. Sa confrontation avec une fillette porteuse d’une bombe sèmera le doute en lui.
Jin-Roh, une œuvre que l’on aurait bien vu adaptée en film live. Mais c’est peut être ce qui fait sa qualité, un film d’animation très réaliste. Un thème très sérieux, un scénario riche et intelligent, en clair, un film d’animation pour public adulte. Le scénario est signé Mamoru Oshii et la réalisation a été confiée à Hiroyuki Okiura. Premier film pour ce jeune réalisateur qui avait déjà fait ces preuves en tant qu’animateur sur Akira ou encore Ghost in the Shell.
Alors que l’utilisation d’images de synthèse était devenu monnaie courante, la réalisation de Jin-Roh s’est faite “à l’ancienne”, sans utilisation de ces artifices. Le résultat est étonnant, même si l’image a beaucoup vieilli, les détails sont là, les armures des Panzer sont toujours aussi impressionnantes. Le réalisme vient aussi du character design, pas de personnages aux grands yeux, mais des yeux asiatiques. L’expression des visages est bien représentée, l’émotion s’en fait ressentir.
Le début du film nous présente le contexte, une histoire alternative du Japon d’après-guerre. “La Secte”, un groupuscule de rebelles profite d’une violente manifestation pour commettre un attentat. Ce groupe utilise de jeunes enfants appelés “Chaperons Rouges” pour transporter des bombes. Membre de l’unité Panzer, vêtu de son équipement puissant et terrifiant, Kazuki Fuse se retrouve face à l’un de ces “Chaperons Rouges”. Une rencontre marquante aussi bien pour Fuse que pour nous téléspectateurs…Les musiques se font trop discrètes pour être vraiment marquantes. On notera tout de même de belles musiques d’Hajime Mizoguchi accompagnées de mélodies de son épouse Yokô Kanno. La bande son, bien qu’un peu trop effacée, fait bien ressortir l’atmosphère sombre et pessimiste de Jin-Roh et contribue à le mettre au niveau des grands films.
Conclusion :
Un film d’animation surprenant par son réalisme. Un thriller politique au scénario bien ficelé, avec ce qu’il faut de suspense, de rebondissement et d’émotion. Le style scénaristique de Mamoru Oshii, qui s’avère très lent par moment risque de déplaire (ou pas), mais il serait dommage de passer à côté de ce chef d'œuvre.
Genre : Thriller, Drame
Format : Film (102 mins)
Produit par : Production I.G
Réalisateur : Hiroyuki Okiura
Auteur : Mamoru Oshii
Musiques : Hajime Mizoguchi, Yoko Kanno (piano)
Année : 1998-1999
Commenter cet article